JIF: « Aujourd’hui la femme du RCK, Blandine Diafutua est prête à prendre le devant pour s’implanter dans la gestion du pays »

9 mars 2021
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Vice-présidente du RCK (Résistants combattants Kongolais), Blandine Matondo Diafutua est une femme politique, militante et activiste engagée pour la libération du peuple congolais. Juriste et femme de droit, Blandine Matondo Diafutua est détentrice d’un diplôme de licence, de l’université René Descartes en France. C’est dans le cadre de la célébration de la journée du 8 mars, commémorant les droits des femmes que votre journal est allé à la rencontre de cette femme autoritaire. Kinshasa Times.net s’impose le devoir de vous proposer l’intégralité de l’entretien qu’elle a bien voulu nous accorder.

Kinshasatimes.net: Pouvez-vous vous présentez aux lecteurs de notre journal ?

Blandine Matondo Diafutua : Je suis Blandine Matondo Diafutua. Je suis née le 4 mai d’une certaine année à Kinshasa, dans l’ex Zaïre. J’ai eu la chance d’immigrer en France à l’âge de 5 ans avec mes parents. J’ai fait toute ma scolarité dans ce pays, en commençant par l’école maternelle, primaire, secondaire jusqu’à l’université René Descartes où j’ai fini mes études en droit. Je suis également détentrice d’un brevet d’assistance de direction. Mère de 5 enfants, je suis vice-presidente du RCK. Je suis une femme politique militante, activiste, femme de droit qui veut devenir une personnalité en République démocratique du Congo. Pas par son nom mais surtout par les actes que je pose déjà et que je poserai plus tard dans ce pays.

K.T: Êtes-vous aussi entrepreneure ?

BMD: Je suis une petite fille héritière d’un grand entrepreneur des bâtiments. Il faut dire que ce qui manque chez nous, c’est le sentiment de propriétaire, ce qui fait que l’on a du mal à évoluer. Si aujourd’hui la succession était fait normalement, on aurait beaucoup d’entreprises reprises par des fils et petits fils. Cela aurait fait du Congo une société des propriétaires. Ce qui éviterait, tout ce que le Congo a vécu avec l’envahissement, l’infiltration, les pillages de ressources naturelles. À ce sujet je voudrais encourager tous les fils ou parents qui créent des entreprises. Qu’ils sachent que l’on commence avec moindre chose, pour devenir grand. Il est important de donner de la valeur ajoutée à tous les congolais pour s’investir. L’exemple de la Corée du Nord est patent. Depuis plus de 4 siècles, la Corée du Nord a été construite par des héritiers et entreprises familiales.

KT: Le monde célèbre le 8 mars de chaque année la journée internationale de la femme. Cette année, le thème est: « leadership féminin d’excellence pour une société égalitaire et numérique. Est-ce ce thème correspond aux missions de la femme RCK que vous représentez ce jour ?

BMD: La mission de la femme RCK est claire. C’est de redonner confiance à toutes les femmes de la RDC, pour qu’elles reprennent leur place dans tous les domaines et secteurs de la vie nationale. Il faut aussi dire que la politique seule ne peut pas faire évoluer le Congo. D’autres domaines importants tels, l’économie, mines, agriculture, chasse, élevage, pêche, doivent donner de la valeur ajoutée à l’évolution du pays.

K.T: Quel rôle entend jouer la femme du RCK dans le processus démocratique et l’émancipation de la femme en RDC ?

BMD: La femme du RCK entend remplir sa mission de redonner le goût de la vie, la liberté de reprendre les droits de tout un chacun en République démocratique du Congo, en Afrique et dans le monde entier. Dan le processus de démocratisation qui vient de s’amorcer (Ndlr : parce que la RDC n’a pas encore la vraie démocratie), permettra que la femme de notre parti puisse s’y insérer et travailler librement, pour l’émancipation de la femme congolaise.

Déjà, j’apprécie énormément ce que fait la première dame Denise Nyakeru. J’encourage également une de nos membres, Madame Nicole Motulu qui est à l’Est du pays, qui continue à œuvrer pour sauver les femmes victimes des violences et tant d’autres. Aujourd’hui, la femme du RCK est prête à prendre le devant pour la gestion du pays.
Puisque j’ai remarqué que dans le débat politique à travers les médias, il y a très peu de femmes qui interviennent. La plupart des temps, seuls les hommes y passent pour parler de leurs sentiments d’égo. La femme, elle, reste naturelle , elle se prive pour les autres . La femme du RCK apportera toutes ces valeurs au pays. Elle fera en sorte que l’homme accepte que la gente féminine reprenne sa place.

KT: Vous êtes vice-présidente au sein de votre parti. Comment vous sentez-vous, en assumant tel poste aux côtés des hommes ?

BMD: En tant que vice-presidente du parti auquel j’ai adhéré depuis fin 2009, début 2010, je me sens très l’aise dans ce rôle. Un rôle qui m’a toujours collé à la peau. Être responsable, être engagée à fond, me donner du travail, ne pas avoir peur de l’adversité, mais plutôt de travailler pour la cause que je sers, voilà que j’aime. Bref, se battre pour l’émancipation, la libération d’un peuple, conquérir ses droits. C’est ça que je considère comme accomplisssement de la vie.

Par ailleurs, travailler aux côtés des hommes ne m’avait jamais fait peur. J’ai grandi dans une famille où il y avait beaucoup d’hommes. L’autre avantage c’est que j’étais sportive, de l’école secondaire à l’université. Une des rares filles qui étaient meilleure parmi les garçons sportifs. J’ai côtoyé tout comme je m’étais opposée quelques fois à la gente masculine. C’était déjà une façon de me préparer à ce type de rôle.

Aussi, il faut dire que les hommes du RCK sont ouverts. Ils acceptent facilement cette diversité. Ils soutiennent la gouvernance et l’accompagnement de leurs collègues femmes, qui portent la même mission qu’eux. Ils savent que la femme est d’une grande contribution pour le salut du Congo. Ils m’ont toujours aidé et conseillé à accomplir cette tâche. D’où ma gratitude pour un tel geste.

KT: Quelle place le RCK accorde à la femme et comment vous y êtes adhéré ?

BMD: J’ai connu le RCK depuis les années 2009-2010. À l’époque j’observais de loin ce mouvement. Je voyais beaucoup de femmes graviter autour du président Martin Esali et de tous les collègues hommes. Ces femmes prenaient parole lors des manifestations. Elles s’exprimaient chaque fois qu’il fallait dénoncer les massacres et cas de viol en RDC.

Nicole Motulu, Benazo et tant d’autres, sont parmi ces femmes. Elles étaient à l’affiche de plusieurs initiatrices et opérations du genre « Coup de poing » ou manifestation de colère. Et moi j’avais de l’administration pour elles. Je disais souvent que j’avais ma place au sein de ce mouvement. Ainsi, la première occasion à laquelle j’avais approché le mouvement était sous l’initiative du président. C’était lors d’une réunion. Il m’avait repéré par une question que j’avais posé. La deuxième fois, c’était par invitation spéciale. À la même occasion, il m’avait proposé le poste de secrétaire en même temps que que ma collègue Benazo qui était une grande militante. Étant en ceinte de mon quatrième enfant. Je ne pouvais assumer le poste qui est très exigeant. le RCK accorde beaucoup de place à la femme. Aujourd’hui au niveau de la diaspora, particulièrement ici en France, nous avons les dames comme Zola Océane, Chantal Telasima, Kiambu Dédé et plusieurs autres. De même en RDC, au niveau de notre bureau d’études, il y aussi des femmes telles Thérèse Anny, Antoinette Samba. Étant vice-presidente, je m’activerai pour que l’adhésion et la participation de la femme au niveau du RCK s’étende sur toute l’étendue du territoire congolais.

KT: Aujourd’hui, tous les partis et plate-formes politiques se battent pour entrer de plein pied au gouvernement ou dans d’autres institutions. Êtes vous aussi demandeurs des postes ?

BMD: Permettez-moi de vous répondre en deux volets. Premièrement, je dis oui. (Ndlr : pourquoi nous sommes demandeurs de postes?). Tout simplement parce que le changement qui s’est opéré en 2018 en République démocratique du Congo, avec la chute de l’ancien régime, et une nouvelle gouvernance avec le président Tshisekedi, c’est le résultat de la lutte du RCK dans la diaspora et partout dans le monde. Effectivement, nous sommes en droit demander un poste. Et ce, au regard de la lutte que nous avons mené pour libérer ce jour le pays de manière partielle. Nous n’envisageons pas forcément avoir le poste. Mais si nous l’avons, nous travaillerons dans la vision du président Tshisekedi à laquelle nous adhérons. C’est pour reconstruire le Congo, rétablir l’Etat de droit et surtout, pour servir notre peuple. Nous venons la plupart de la diaspora. Nous avons vu beaucoup de choses tout comme nous en avons connu. Nous avons peut-être un avis plus élaboré, plus égalitaire de la politique.

Deuxièmement, je dirais non. Nous ne sommes pas là pour vouloir à tout prix un mandat sous la présidence du chef de l’Etat Félix Tshisekedi. Le RCK envisage également arracher le pouvoir qui est ce jour entre les mains du président de la République. Nous envisageons que lors des élections de 2023, Martin Esali Bongenge, notre président devienne président de la RDC. C’est dans ce cadre que nous avons commencé à travailler au pays, pour ré-conscientiser notre peuple. Vous savez, le RCK est passé du mouvement de pression au parti politique.

KT: Quel message adressez vous aux jeunes filles et femmes qui croient que la politique est un domaine immoral, réservé aux hommes ?

BMD: Il s’agit là d’un faux cliché. La politique n’appartient pas aux seuls hommes. Si l’on observe la hiérarchie humaine, l’on constate que la femme a toujours eu une grande place dans la fondation d’une famille, d’une société. Il n’existe de genre en politique. C’est une manière de gérer la cité. Et la femme est mieux placée (Ndlr: je ne suis pas en train de froisser les hommes) pour le faire, puisque nous avons, au quotidien, la gestion des humains, à travers l’accompagnement. Nous élevons et éduquons les enfants, nous leur apportons affection et amour. La femme est donc dotée des valeurs qu’il faut pour la vie de la société. La politique fait aussi partie de toutes ces composantes. J’encourage les filles et femmes qui veulent se lancer dans la politique d’y aller droit. En tant que tel, pourquoi ne pas revenir à la nature pour mettre en avant la femme qui doit jouer le rôle d’équilibre.

Propos recueillis par Giscard Havril

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